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Ossature métallique

« Quand j’ai signé ce chantier, j’avais du travail pour 10 personnes pendant un an » : un plaquiste gersois

· 09 octobre 2026· 5 min de lecture
En bref

À Auch, 350 collégiens ont visité un chantier d’Ehpad et de 36 logements. Un plaquiste y a du travail pour 10 personnes pendant un an.

Vous pensez que le bâtiment ne recrute plus ? Le jeudi 8 octobre, à Auch, près de 350 collégiens du Gers ont arpenté un chantier d’Ehpad et de 36 logements. Un plaquiste y a décroché de quoi occuper dix personnes pendant un an. La filière, elle, cherche toujours des bras, malgré la crise.

En bref

  • Près de 350 collégiens gersois ont visité le chantier de la rue du 8-Mai à Auch, dans le cadre des Coulisses du bâtiment.
  • Le chantier, un Ehpad et 36 logements sociaux, doit être livré l’an prochain et ne fait travailler que des entreprises du Gers.
  • La Fédération du BTP du Gers compte 3 422 salariés et affirme avoir toujours besoin de recruter, même en pleine zone de turbulences.

Le chiffre clé : 350, collégiens du Gers venus découvrir les métiers du BTP sur un chantier d’Auch.

Un chantier ouvert à 350 collégiens venus de six communes du Gers

Les élèves sont arrivés d’Auch, de L’Isle-Jourdain, de Masseube, de Mauvezin, de Samatan et de Riscle. Objectif : découvrir les coulisses d’un vrai chantier, rue du 8-Mai, à Auch. La visite s’inscrivait dans la journée nationale Les Coulisses du bâtiment.

Sur place, le futur Ehpad de la Roseraie et 36 logements sociaux gérés par l’OPH 32 prennent forme. Tout doit être livré l’an prochain. Pour une filière en difficulté, c’est une vitrine idéale.

Le succès a dépassé les prévisions. La Fédération du BTP du Gers, à l’origine de l’opération, a dû refuser une centaine d’élèves supplémentaires, faute de place, tant les demandes des établissements étaient nombreuses.

Noa rêve d’être architecte, Wassim joue aux Lego

Noa a 12 ans. Il est en 5e au collège Carnot, à Auch, et se voit déjà architecte. Sa raison tient en une phrase : « Parce qu’il y a beaucoup de maths ! »

À côté de lui, Wassim n’a pas encore choisi son métier. Il avoue en revanche un vrai intérêt pour le bâtiment. « J’aime bien construire, à la maison je joue beaucoup aux Lego », raconte-t-il en souriant.

Nathalie Lacroix, présidente de la Fédération du BTP du Gers, a observé les groupes pendant les visites. Son constat : des jeunes qui posent des questions et qui s’intéressent vraiment à ce qu’ils voient.

Un plaquiste de Pavie a du travail pour dix personnes pendant un an

Parmi les entreprises présentes, celle de Jean-Philippe Douilly, plaquiste à Pavie. Pour lui, ce chantier change la donne. Il résume l’enjeu pour une petite entreprise du département :

« On a besoin de chantiers comme ça. Quand j’ai signé ce chantier-là, je savais que j’avais du travail pour 10 personnes pendant un an. »

Jean-Philippe Douilly, plaquiste à Pavie, cité par La Dépêche

Quand on lui a proposé de présenter son métier aux collégiens, il n’a pas hésité. Un chantier de cette taille, c’est des contrats pour des équipes entières, et une occasion de montrer à des adolescents à quoi ressemble ce travail.

Gilles Mourot, directeur d’établissement chez Eiffage construction Midi-Pyrénées à Auch et Tarbes, en charge du chantier, insiste sur ce point : tous les corps de métier sont représentés. L’entreprise a pour principe de travailler avec des sociétés locales. Selon lui, aucune entreprise présente sur place n’est extérieure au Gers.

Moins de grues, moins d’appels d’offres : la crise vue du terrain

Ce chantier fait figure d’exception. Gilles Mourot le dit sans détour : « On souffre beaucoup. » Son indice est visuel : regardez autour de vous, il n’y a pas de grue, et sans grue, pas de chantier.

Il pointe aussi le ZAN, qui réduit le nombre de projets neufs. Pour lui, le logement est en crise et il manque un grand plan logement en France. Les bailleurs sociaux réduisent leurs projets, et la commande privée reste frileuse, faute de visibilité.

Nathalie Lacroix décrit un quotidien tendu : hausses importantes des matières premières et du carburant, moins d’appels d’offres, et une concurrence accrue. Des professionnels de départements voisins viennent parfois répondre aux projets locaux. Certaines entreprises l’appellent même en difficulté, hésitant à arrêter leur activité.

Ce que décrivent les professionnelsConséquence
Hausse des matières premières et du carburantCoûts plus lourds pour les entreprises
Moins de chantiers et d’appels d’offresConcurrence accrue, y compris venue d’autres départements
Bailleurs sociaux et commande privée prudentsProjets réduits ou retardés
ZANMoins de projets neufs

La filière a besoin de 3 422 salariés… et de relève

La Fédération du BTP du Gers compte aujourd’hui 3 422 salariés. Elle cherche en permanence à renouveler ce vivier, et cette journée y contribue.

Le message de Nathalie Lacroix tient en peu de mots : « Même si le bâtiment est en difficulté, on a toujours besoin de recruter et d’avoir des jeunes qui se dirigent vers ces métiers. » Elle ajoute qu’il faudra toujours des personnes pour tirer des câbles ou passer des tuyaux sur un chantier.

Pour vous qui hésitez à pousser la porte du secteur, ou qui y travaillez déjà, le signal est double. La conjoncture est dure, mais un gros chantier local peut occuper dix personnes pendant un an, et la profession veut des jeunes pour la suite.

Vos questions

Quand a eu lieu la visite du chantier d’Auch ?

Elle s’est tenue le jeudi 8 octobre, rue du 8-Mai, à Auch. Près de 350 collégiens du Gers y ont participé, dans le cadre de la journée nationale Les Coulisses du bâtiment.

Que construit-on sur ce chantier ?

Le chantier comprend le futur Ehpad de la Roseraie et 36 logements sociaux gérés par l’OPH 32. Leur livraison est prévue l’an prochain. Eiffage construction Midi-Pyrénées pilote les travaux, avec uniquement des entreprises du Gers.

Le BTP gersois recrute-t-il malgré la crise ?

Oui, selon la Fédération du BTP du Gers, qui compte 3 422 salariés. Sa présidente assure qu’il faut toujours des jeunes dans ces métiers, même si les chantiers se font plus rares et la concurrence plus vive.

Sources : La Dépêche.

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